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Arnaque au faux chèque de banque lors de la vente d’un véhicule : quels recours pour la victime ?

  • Photo du rédacteur: Joris Morer
    Joris Morer
  • 18 juil.
  • 6 min de lecture

Vous vendez votre voiture sur un site d’annonces. L’acheteur est courtois, précis, rassurant. Le jour de la transaction, un « proche » de l’acheteur se présente avec un chèque de banque. Tout paraît normal. Quelques jours plus tard, votre banque vous annonce que le chèque est un faux : le véhicule est parti, l’argent n’existera jamais.


Cette escroquerie, redoutablement organisée, fait chaque année des centaines de victimes en France. Mais l’affaire n’est pas perdue : par un jugement récent, le tribunal correctionnel de Montpellier a condamné les membres d’un réseau à de lourdes peines et à indemniser intégralement les victimes dont plusieurs étaient défendues par le Cabinet Morer, obtenant jusqu’à plus de 28 000 euros de dommages et intérêts chacune.


Voici comment fonctionne cette arnaque, et surtout comment obtenir réparation.


Le mode opératoire : une escroquerie en réseau, minutieusement organisée


Le schéma mis en évidence par l’instruction était le suivant :


un membre du réseau publie une annonce de vente de véhicule sur un site d’annonces en ligne ;

lorsqu’un véritable acheteur se manifeste sur cette fausse annonce, on lui demande la photo du vrai chèque de banque qu’il a fait établir ;

cette photo est transmise à un faussaire, qui fabrique à partir d’elle un faux chèque de banque parfaitement imitatif ;

pendant ce temps, le réseau repère un vendeur réel de véhicule. Le jour de la transaction, un « mandataire » muni d’une fausse pièce d’identité et se présentant comme le beau-frère ou le proche d’un acheteur « empêché ». Il remet le faux chèque au vendeur et repart avec la voiture ;

le véhicule est aussitôt revendu en espèces, et le produit est blanchi : espèces confiées à des proches, conversions en cryptomonnaie, circuits de redistribution entre les membres.


Détail marquant de ce dossier : le donneur d’ordre pilotait l’ensemble des opérations depuis sa cellule de détention, au moyen de téléphones introduits clandestinement et de messageries cryptées. Les victimes, elles, n’avaient face à elles que des interlocuteurs polis, des documents crédibles et un scénario parfaitement rodé.


Ce que dit le jugement : des peines lourdes et une indemnisation intégrale


Le tribunal correctionnel de Montpellier a condamné les cinq prévenus pour escroquerie en bande organisée, blanchiment, association de malfaiteurs et, pour l’un d’eux, refus de remettre le code de déchiffrement de son téléphone :


le donneur d’ordre : 7 ans d’emprisonnement, 50 000 euros d’amende et confiscation des biens saisis ;

le faussaire : 6 ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende ;

les exécutants : des peines de 3 ans à 42 mois, partiellement assorties de sursis probatoire et aménagées sous bracelet électronique ;

une proche ayant blanchi les fonds et remis des cartes SIM en détention : 18 mois avec sursis, 10 000 euros d’amende et confiscation de plus de 43 000 euros saisis.


Sur le plan civil, celui qui intéresse directement les victimes : le tribunal a déclaré les auteurs solidairement responsables et les a condamnés à indemniser chaque partie civile. Pour les victimes défendues par le Cabinet Morer, cela représente notamment :


plus de 26 500 euros de préjudice financier et 2 000 euros de préjudice moral pour l’une ;

• 28 000 euros de préjudice matériel et 1 000 euros de préjudice moral pour une autre ;

• 25 500 euros de préjudice financier et 1 000 euros de préjudice moral pour une troisième ;

à chaque fois, 1 800 euros au titre de l’article 475-1 du Code de procédure pénale, couvrant les frais d’avocat.


La solidarité entre condamnés est un atout décisif : chaque victime peut réclamer l’intégralité de son indemnisation à n’importe lequel des coauteurs. C’est à eux de se répartir la charge entre eux.


Victime d’un faux chèque de banque : les réflexes immédiats


Dès la découverte de la fraude, chaque heure compte :


• déposez plainte immédiatement au commissariat ou à la gendarmerie, ou via la plateforme THESEE pour les e-escroqueries. La plainte déclenche l’enquête et permet les rapprochements entre victimes du même réseau ;

• déclarez le véhicule volé par escroquerie afin qu’il soit inscrit au fichier des véhicules signalés. Cela fait obstacle à sa revente régulière ;

• prévenez votre assureur : certaines garanties peuvent couvrir ce type de perte ;

• conservez toutes les preuves : annonce, échanges de messages, coordonnées utilisées par le faux acheteur, copie du chèque, photos de la remise ;

• signalez l’annonce à la plateforme concernée.


Ces escroqueries étant commises en réseau sur tout le territoire, votre plainte alimentera souvent une enquête déjà ouverte comme dans le dossier montpelliérain où les investigations ont réuni des victimes de toute la France.


La constitution de partie civile : la clé de l’indemnisation


Porter plainte ne suffit pas à être indemnisé. Pour obtenir des dommages et intérêts, la victime doit se constituer partie civile dans le procès pénal des auteurs.


Cette constitution permet de demander la réparation de tous les préjudices :


le préjudice matériel ou financier : la valeur du véhicule remis, les frais annexes (carte grise, accessoires, frais de commissaire de justice) ;

le préjudice moral : le sentiment d’avoir été trompé, manipulé, humilié par la mise en scène ;

les frais d’avocat : au titre de l’article 475-1 du Code de procédure pénale.


Le rôle de l’avocat de partie civile est déterminant : chiffrer précisément chaque poste avec les justificatifs, plaider la responsabilité solidaire de l’ensemble des membres du réseau (et non du seul exécutant appréhendé) et obtenir l’article 475-1 pour que la défense ne coûte rien ou presque à la victime.


Et si les condamnés ne paient pas ? Le SARVI


C’est la question que se posent toutes les victimes face à des condamnés incarcérés ou insolvables. La loi a prévu un filet de sécurité : le SARVI (Service d’aide au recouvrement des victimes d’infractions), géré par le Fonds de garantie.


Si les condamnés ne règlent pas les dommages et intérêts dans un délai de 2 mois à compter du jour où la décision est devenue définitive, la victime peut saisir le SARVI, qui :


verse immédiatement l’intégralité des sommes jusqu’à 1 000 euros ;

verse une avance de 30 % (plafonnée à 3 000 euros) pour les montants supérieurs ;

se charge ensuite de recouvrer lui-même les sommes auprès des condamnés, avec des moyens de contrainte étendus.


Le tribunal de Montpellier a d’ailleurs expressément informé les prévenus de cette faculté ouverte aux parties civiles. Par ailleurs, les confiscations prononcées (espèces, comptes, véhicules, matériel) alimentent le dispositif de saisie pénale. Un levier supplémentaire de recouvrement.


Comment éviter l’arnaque au faux chèque de banque ?


Quelques réflexes réduisent drastiquement le risque lors de la vente d’un véhicule entre particuliers :


• n’envoyez jamais la photo ou le scan d’un chèque de banque : c’est précisément ainsi que les faussaires fabriquent leurs copies ;

• appelez vous-même la banque émettrice pour vérifier le chèque, en cherchant le numéro officiel de l’agence : jamais celui inscrit sur le chèque ou fourni par l’acheteur ;

• méfiez-vous du « mandataire » : un acheteur empêché qui envoie un tiers muni du chèque est le scénario type de cette escroquerie ;

privilégiez le virement instantané effectué devant vous, ou une remise en agence bancaire ;

exigez une pièce d’identité et vérifiez sa cohérence avec le nom du chèque en gardant à l’esprit que les réseaux utilisent de fausses pièces de grande qualité ;

concluez la vente en semaine, aux heures d’ouverture des banques, pour permettre les vérifications.


Attention enfin : la jurisprudence récente rappelle que la banque qui encaisse n’est tenue de détecter que les anomalies apparentes du chèque original. Face à un faux de bonne facture, le recours contre votre propre banque est rarement une voie efficace. C’est bien l’action pénale contre les auteurs qui indemnise.


Vous avez remis votre véhicule contre un faux chèque de banque à Toulouse ou partout en France ?


Dépôt de plainte, constitution de partie civile, chiffrage des préjudices, condamnation solidaire des membres du réseau, saisine du SARVI en cas d’impayé : l’indemnisation des victimes d’escroquerie se construit à chaque étape de la procédure pénale. Le Cabinet Morer, avocat pénaliste à Toulouse, a obtenu l’indemnisation intégrale de plusieurs victimes d’un réseau d’escroquerie en bande organisée et défend les victimes partout en France.


Contactez le Cabinet Morer sans attendre : par téléphone au 06.23.36.88.03, par courriel à cabinet@morer-avocat.com ou via le formulaire de contact sur morer-avocat.com.

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