Combien de fois peut-on aller voir un prisonnier au parloir ?
- moreravocat
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Maintenir le lien avec un proche incarcéré est fondamental pour lui comme pour sa famille.
Mais combien de visites sont autorisées par semaine ? Faut-il un permis de visite ? Comment réserver un créneau ? Les règles varient selon le statut du détenu et l'établissement pénitentiaire.
Voici un guide complet pour comprendre vos droits et organiser vos visites dans les meilleures conditions.
Prévenu ou condamné : pourquoi le statut change tout
La première distinction à comprendre est celle entre le prévenu et le condamné, car elle détermine directement la fréquence des visites autorisées.
Le prévenu est une personne placée en détention provisoire dans l'attente de son jugement. Il bénéficie de la présomption d'innocence et dispose, à ce titre, de droits de visite plus étendus : au moins trois visites par semaine, conformément au règlement intérieur type des établissements pénitentiaires français.
Le condamné est une personne dont la culpabilité a été établie par une décision de justice définitive. Il bénéficie d'au moins une visite par semaine.
Ces seuils sont des minimums légaux : certains établissements accordent des fréquences plus élevées selon leur capacité d'accueil et leur organisation interne. Mais en cas de surpopulation carcérale, ces minimums peuvent être difficiles à faire respecter en pratique.
Il est important de noter que le juge d'instruction ou le procureur de la République peut, dans certains cas, restreindre ou suspendre les droits de visite d'un prévenu, notamment lorsque les contacts avec l'extérieur risquent de compromettre l'enquête. Cette restriction est temporaire et peut être contestée par l'avocat.
Le permis de visite : une étape obligatoire avant toute visite
Avant de pouvoir se rendre au parloir, toute personne (membre de la famille ou ami) doit impérativement obtenir un permis de visite. Il ne suffit pas d'être le conjoint ou le parent d'un détenu pour accéder automatiquement au parloir. Sans permis de visite valide, l'accès est refusé.
La procédure de demande varie selon le statut du détenu :
Pour un prévenu : La demande de permis de visite doit être adressée au magistrat en charge du dossier :
au juge d'instruction si une information judiciaire est ouverte ;
au juge des libertés et de la détention (JLD) si la détention provisoire a été ordonnée sans instruction ;
au procureur de la République dans certains cas de procédure rapide.
Le magistrat peut accorder, refuser ou restreindre le permis de visite selon les nécessités de l'enquête. Un refus peut être contesté : votre avocat peut intervenir pour tenter d'obtenir le permis ou lever les restrictions.
Pour un condamné : La demande se fait directement auprès du chef de l'établissement pénitentiaire, par courrier ou via les modalités propres à chaque prison. La démarche est généralement plus simple et le permis accordé dans des délais raisonnables pour les proches directs.
Qui peut obtenir un permis de visite ?
Le permis est délivré en priorité aux membres de la famille directe : conjoint, partenaire de PACS, concubin, parents, enfants, fratrie. Mais d'autres personnes comme les amis proches et soutiens associatifs peuvent également en faire la demande en justifiant de leurs liens avec le détenu. L'établissement ou le magistrat apprécie au cas par cas.
Comment réserver un créneau de parloir ?
Une fois le permis de visite obtenu, il faut réserver un créneau. Les modalités de réservation varient selon les établissements :
Par téléphone : c'est encore le mode de réservation le plus répandu dans les établissements de taille moyenne.
Via internet : de plus en plus d'établissements permettent la réservation en ligne sur le site du ministère de la Justice ou via une application dédiée.
Sur place : dans certains petits établissements, la réservation peut se faire directement à l'accueil.
Conseils pratiques pour le jour de la visite :
Présentez-vous 30 à 45 minutes avant l'heure prévue. Les contrôles de sécurité à l'entrée (passage au détecteur de métaux, vérification d'identité, fouille du sac) prennent du temps. Un retard, même minime, peut entraîner la perte du créneau sans possibilité de report.
Apportez une pièce d'identité en cours de validité : sans elle, l'accès vous sera refusé, même si vous êtes titulaire d'un permis de visite.
Vérifiez les jours et horaires d'ouverture des parloirs avant de vous déplacer. Ils varient selon les établissements et peuvent être modifiés sans préavis en cas de contrainte opérationnelle.
Quelle est la durée d'un parloir classique ?
La durée d'un parloir varie généralement entre 30 minutes et 1 heure, selon les établissements et leur taux d'occupation. Cette durée peut sembler courte, notamment pour les familles qui ont effectué de longs déplacements. Elle ne peut pas être prolongée sauf décision exceptionnelle de la direction.
Durant le parloir classique, la visite se déroule en présence d'un surveillant pénitentiaire, dans une salle collective avec des box séparés. Le contact physique est limité. Selon les établissements, une accolade brève au début et à la fin de la visite peut être autorisée.
Les unités de vie familiale et les parloirs familiaux : des alternatives de qualité
Pour les condamnés, des dispositifs permettant des visites plus longues et plus intimes existent et sont trop peu connus des familles :
Le parloir familial : une salle dédiée permettant une visite de 6 heures maximum, sans surveillance directe permanente. Le détenu et sa famille peuvent partager un repas, jouer avec les enfants, dans un cadre plus apaisé qu'un parloir classique. Il est accessible aux condamnés au moins une fois par trimestre.
L'unité de vie familiale (UVF) : un appartement aménagé au sein de l'établissement pénitentiaire, permettant au détenu de recevoir ses proches pour des séjours de 6 à 72 heures, dans des conditions proches de la vie normale. Chambre, cuisine, salle de bains, la famille peut cohabiter temporairement avec le détenu dans un cadre privatif. Les UVF sont accessibles aux condamnés au moins une fois par trimestre, sur demande adressée au chef d'établissement.
Ces dispositifs sont particulièrement précieux pour le maintien des liens familiaux, notamment avec les enfants. Ils contribuent également à la réinsertion du détenu en préservant les liens affectifs essentiels à sa stabilité.
Pour en bénéficier, une demande écrite motivée doit être adressée au chef d'établissement. L'octroi n'est pas automatique et peut être refusé pour des raisons disciplinaires ou de sécurité. Votre avocat peut vous aider à formuler cette demande et à contester un refus injustifié.
Que faire si le permis de visite est refusé ou si les droits de visite sont restreints ?
Un refus de permis de visite ou une restriction des droits de visite n'est pas sans recours. Pour un prévenu, l'avocat peut saisir le magistrat compétent pour lever la restriction ou contester le refus. Pour un condamné, un recours peut être formé auprès du chef d'établissement, puis devant le tribunal administratif en cas de refus persistant.
Le maintien des liens familiaux est reconnu comme un droit fondamental par la loi pénitentiaire et par la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme. Toute restriction doit être justifiée, proportionnée et temporaire.
Votre proche est incarcéré et vous rencontrez des difficultés pour le voir ?
Permis de visite refusé, droits de visite restreints, conditions d'accueil au parloir indignes : vous n'êtes pas sans recours. Le Cabinet Morer intervient pour défendre les droits des détenus et de leurs familles partout en France.
Maître Joris Morer, avocat pénaliste au barreau de Toulouse, vous accompagne dans toutes les démarches liées à la détention : obtention du permis de visite, contestation des restrictions, aménagement de peine et préparation à la sortie.
Contactez le Cabinet Morer sans attendre : par téléphone au 06.23.36.88.03, par courriel à cabinet@morer-avocat.com ou via le formulaire de contact sur morer-avocat.com.

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