top of page

Puis-je amener mes enfants au parloir de la prison ?

  • moreravocat
  • il y a 53 minutes
  • 5 min de lecture

Maintenir le lien entre un parent incarcéré et ses enfants est l'une des préoccupations les plus profondes des familles touchées par l'incarcération.


Oui, vous pouvez amener vos enfants au parloir mais des conditions précises s'appliquent, et leur méconnaissance peut conduire à un refus d'accès le jour de la visite.


Voici un guide complet pour préparer cette visite dans les meilleures conditions.


Pourquoi le maintien du lien parent-enfant est-il protégé par la loi ?


Le droit à la vie familiale est garanti même en détention. La loi pénitentiaire du 24 novembre 2009 reconnaît explicitement que le maintien des liens familiaux est un objectif prioritaire de la détention non seulement pour le bien-être du détenu, mais aussi pour sa réinsertion future et pour le développement de l'enfant.


La Cour européenne des droits de l'homme a, à plusieurs reprises, rappelé que toute restriction aux visites familiales doit être justifiée, proportionnée et temporaire. Une restriction excessive ou injustifiée au droit de visite peut constituer une violation de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, qui protège le droit au respect de la vie privée et familiale.


En pratique, les établissements pénitentiaires sont tenus de faciliter les visites des enfants mineurs à leurs parents détenus, dans la limite de leurs contraintes organisationnelles et de sécurité.


Quelles sont les conditions pour amener un enfant au parloir ?


Pour amener un enfant mineur au parloir, plusieurs conditions doivent être réunies :


1. L'adulte accompagnateur doit être titulaire d'un permis de visite valide

Sans permis de visite en cours de validité, aucun accès au parloir n'est possible ni pour l'adulte ni pour l'enfant qu'il accompagne. Si vous ne disposez pas encore d'un permis de visite, consultez notre article dédié sur les démarches à suivre.


2. Les documents à présenter le jour de la visite

L'adulte accompagnateur doit présenter :

  • sa pièce d'identité en cours de validité (carte nationale d'identité ou passeport) ;

  • le livret de famille ou tout autre justificatif officiel attestant du lien de parenté entre l'enfant et le parent détenu ;

  • une pièce d'identité de l'enfant : carte d'identité ou passeport pour les enfants en âge d'en disposer, carnet de santé ou acte de naissance pour les très jeunes enfants selon les établissements.


3. L'accord du second parent peut être requis

Si l'enfant n'est pas accompagné par le parent qui détient l'autorité parentale exclusive, ou si les deux parents exercent conjointement l'autorité parentale, certains établissements peuvent exiger une autorisation du second parent. Renseignez-vous auprès de l'établissement avant la visite pour éviter tout refus.

Certains établissements peuvent exiger des documents supplémentaires non mentionnés ici. Contactez systématiquement le service des parloirs avant chaque visite pour vous assurer de disposer de tous les justificatifs requis.


Que se passe-t-il concrètement lors de la visite avec un enfant ?


Le déroulement de la visite avec un enfant au parloir classique suit les mêmes règles que pour une visite adulte avec quelques particularités à connaître :


  • Les enfants passent les mêmes contrôles de sécurité que les adultes à l'entrée de l'établissement : détecteur de métaux, vérification d'identité. Préparez l'enfant à cette étape en amont pour éviter toute anxiété.


  • La durée du parloir classique est identique (entre 30 minutes et 1 heure selon les établissements) ce qui peut sembler court pour une visite avec de jeunes enfants.


  • Le contact physique est généralement limité à une accolade brève au début et à la fin de la visite. Un jeune enfant qui court vers son parent détenu peut être rappelé à l'ordre par le personnel surveillant. Informez l'enfant de ces règles avant la visite pour éviter une expérience déstabilisante.


  • Les jouets et affaires de l'enfant apportés au parloir font l'objet d'un contrôle. Limitez les accessoires au strict minimum et vérifiez qu'ils sont autorisés.


Quelles sont les difficultés pratiques les plus fréquentes ?


En pratique, organiser la visite d'un enfant au parloir se heurte souvent à plusieurs obstacles :


  • Les horaires de parloir incompatibles avec la scolarité : les créneaux disponibles sont souvent en semaine, en journée : ce qui suppose de sortir l'enfant de l'école, avec toutes les complications administratives que cela implique.


  • Les délais de réservation : les créneaux se remplissent vite, notamment dans les établissements à forte population carcérale. Il faut parfois réserver plusieurs semaines à l'avance.


  • La surpopulation carcérale : dans les maisons d'arrêt les plus chargées, les familles peuvent attendre plusieurs semaines avant d'obtenir un créneau compatible avec leurs disponibilités.


  • L'éloignement géographique : l'établissement pénitentiaire peut être situé loin du domicile familial, rendant les visites régulières difficiles à organiser pour des enfants en bas âge.


  • L'impact psychologique sur l'enfant : visiter un parent en prison est une expérience qui peut être lourde émotionnellement pour un enfant. Des associations spécialisées dans l'accompagnement des enfants de détenus (comme l'UFRAMA ou les UFRAMA régionales) proposent un soutien aux familles et aux enfants dans cette situation.


Les parloirs familiaux et les UVF : des alternatives indispensables pour les enfants


Pour des visites plus longues, plus intimes et mieux adaptées aux enfants, deux dispositifs existent et sont trop peu utilisés faute d'information :


Le parloir familial Il permet une visite de 6 heures maximum dans une salle dédiée, sans surveillance directe permanente. Le parent détenu et ses enfants peuvent partager un repas, jouer, discuter dans un cadre bien plus apaisé qu'un parloir classique avec box et surveillant. Ce dispositif est accessible aux condamnés au moins une fois par trimestre, sur demande adressée au chef d'établissement.


L'unité de vie familiale (UVF) C'est le dispositif le plus complet. Un appartement aménagé au sein de l'établissement pénitentiaire permet au détenu de recevoir sa famille pour des séjours de 6 à 72 heures dans des conditions proches de la vie normale : chambre, cuisine équipée, salle de bains, espace de jeux pour les enfants. Le parent peut baigner ses enfants, leur lire une histoire, partager les repas dans une atmosphère familiale. Les UVF sont accessibles aux condamnés au moins une fois par trimestre.


Ces deux dispositifs sont particulièrement bénéfiques pour les jeunes enfants, qui ont besoin de temps et d'intimité pour maintenir un lien affectif fort avec leur parent incarcéré. Des études montrent que le maintien de ces liens contribue significativement à réduire le risque de récidive après la libération.


Pour en bénéficier, une demande écrite motivée doit être adressée au chef d'établissement. L'accès peut être refusé pour des raisons disciplinaires ou sécuritaires. En cas de refus injustifié, votre avocat peut intervenir pour contester la décision.


Que faire si l'accès au parloir avec l'enfant est refusé ?


Un refus d'accès au parloir avec un enfant mineur n'est pas nécessairement définitif. Plusieurs recours sont possibles :


  • Réclamation auprès du chef d'établissement : première étape, à effectuer par écrit en exposant les motifs du refus et en demandant une révision de la décision.


  • Saisine du juge de l'application des peines (JAP) pour les condamnés, qui peut intervenir sur les conditions d'exécution de la peine.


  • Saisine du contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) en cas d'atteinte aux droits fondamentaux.


  • Recours devant le tribunal administratif si toutes les voies internes ont été épuisées.


Votre avocat peut vous accompagner à chaque étape de ces recours et rédiger les courriers nécessaires pour défendre le droit de votre enfant à maintenir le contact avec son parent détenu.


Votre proche est incarcéré et vous souhaitez organiser une visite avec vos enfants ?


Les règles pénitentiaires sont complexes et les familles sont souvent seules face à l'administration. Si vous rencontrez des difficultés : refus d'accès, conditions de visite inadaptées, demande d'UVF refusée, le Cabinet Morer est à vos côtés.

Maître Joris Morer, avocat pénaliste au barreau de Toulouse, intervient pour les détenus et leurs familles partout en France : obtention et contestation des permis de visite, demande d'UVF et de parloirs familiaux, aménagement de peine et préparation à la sortie.

Contactez le Cabinet Morer sans attendre : par téléphone au 06.23.36.88.03, par courriel à cabinet@morer-avocat.com ou via le formulaire de contact sur morer-avocat.com.

 
 
 

Posts récents

Voir tout

Commentaires


bottom of page