Quelles sont les étapes d'un achat immobilier ?
- Joris Morer

- 5 juin
- 6 min de lecture
Acheter un bien immobilier est souvent la transaction financière la plus importante d'une vie. Environ 15 % des transactions immobilières donnent lieu à un litige : un chiffre qui doit alerter tout acheteur sur la nécessité de connaître précisément ses droits et ses obligations à chaque étape.
Une transaction immobilière suit un parcours juridique en six étapes : offre d'achat, compromis de vente, vérification des conditions suspensives, réalisation des diagnostics obligatoires, obtention du financement et signature de l'acte authentique chez le notaire.
Voici le guide complet, à jour pour 2026.
Étape 1 : La recherche du bien et l'offre d'achat
Avant même de parler de contrat, la phase de recherche est déterminante. Visites, comparaison des biens, vérification de l'environnement, consultation du plan local d'urbanisme (PLU) pour anticiper d'éventuels projets de construction à proximité : autant de vérifications qui conditionnent la qualité de votre achat.
Une fois le bien identifié, vous formulez une offre d'achat. L'offre d'achat, aussi appelée promesse unilatérale d'achat, constitue le premier acte juridique du processus. Rédigée par l'acquéreur, elle engage ce dernier à acheter le bien au prix proposé pendant une durée déterminée. Une offre d'achat acceptée par le vendeur vaut accord sur la chose et sur le prix, conformément à l'article 1583 du Code civil.
En 2026, avec un délai moyen de 93 jours entre la mise en vente et la signature du compromis selon les notaires de France, une offre bien structurée accélère significativement le processus. Joindre une attestation bancaire ou un accord de principe multiplie vos chances d'acceptation.
Ce que vous pouvez négocier à ce stade
Le prix affiché n'est jamais définitif. En 2026, vous pouvez négocier 5 à 10 % du prix affiché si vous justifiez votre offre avec le DPE du bien, son délai de vente et les transactions locales récentes. Un appartement classé F ou G peut perdre jusqu'à 20 % de valeur.
Étape 2 — La vérification des diagnostics immobiliers obligatoires
Les diagnostics immobiliers obligatoires forment un dossier complet que le vendeur doit remettre avant la signature du compromis. En 2026, ce dossier comprend 9 diagnostics. Les principaux sont :
le DPE (diagnostic de performance énergétique) : document clé depuis les nouvelles règles sur les passoires thermiques ;
le diagnostic amiante pour les constructions antérieures à 1997 ;
le constat de risque d'exposition au plomb ;
l'état parasitaire (termites, mérules) ;
l'état des risques et pollutions (ERP) ;
le diagnostic gaz et électricité pour les installations de plus de 15 ans ;
le diagnostic assainissement pour les biens non raccordés au tout-à-l'égout.
Tout manquement à cette obligation peut entraîner la nullité de la vente ou une réduction du prix. Lisez ces diagnostics attentivement, ils peuvent révéler des problèmes qui justifient une renégociation du prix ou une renonciation à l'achat.
La nouveauté 2025-2026 sur le DPE
Depuis 2025, les logements classés G au DPE ne peuvent plus être mis en location. Cette interdiction s'étend aux logements classés F à partir de 2028. Si vous achetez pour louer, vérifiez la classe énergétique du bien et anticipez les coûts de rénovation.
Étape 3 : La signature du compromis de vente
Le compromis de vente (ou promesse synallagmatique de vente) est le contrat préliminaire par lequel vendeur et acquéreur s'engagent mutuellement. C'est l'étape centrale de la transaction car elle scelle l'accord des deux parties et en fixe toutes les conditions.
Le compromis fixe les engagements, précise le bien vendu (lots, annexes, servitudes) et récapitule les diagnostics obligatoires. Il intègre les conditions suspensives : dates et modalités d'obtention du prêt, absence d'hypothèques bloquantes, droit de préemption éventuel et fixe un calendrier cible pour l'acte authentique.
Le dépôt de garantie
Un dépôt de garantie (souvent 5 à 10 % du prix) est versé sur le compte séquestre du notaire. Il reste bloqué jusqu'à la vente. Si la vente ne se réalise pas du fait de l'acheteur (hors condition suspensive), cette somme peut être conservée par le vendeur à titre de clause pénale.
Le délai de rétractation de 10 jours
L'acheteur dispose d'un délai de rétractation de 10 jours (loi SRU) à compter du lendemain de la remise du compromis notifié. Pendant ce délai, aucun versement autre que le dépôt consigné chez le notaire ne doit être exigé et aucune clause pénale n'est due en cas de rétractation. Ce droit de rétractation est unilatéral, seul l'acheteur en bénéficie, pas le vendeur.
Ce que le compromis doit impérativement contenir
Un compromis mal rédigé est une source majeure de litiges. Il doit mentionner précisément : le descriptif complet du bien (superficie loi Carrez en copropriété, dépendances, caves, parkings), le prix et les modalités de paiement, les conditions suspensives, les diagnostics annexés, et la date prévisionnelle de signature de l'acte authentique.
Étape 4 : L'obtention du financement
Le compromis inclut presque toujours une clause suspensive d'obtention de prêt : la vente n'avance que si la banque accepte. Cette condition suspensive est une protection essentielle pour l'acheteur : si le prêt est refusé malgré des démarches sérieuses, il récupère intégralement son dépôt de garantie.
Les délais usuels prévoient l'obtention du prêt sous 30 à 60 jours, la levée des conditions dans la foulée. Durant cette période, les banques examinent votre dossier, évaluent votre capacité de remboursement et diligentent une expertise du bien pour vérifier sa valeur.
Les points de vigilance sur le financement
Faites jouer la concurrence entre plusieurs établissements ou passez par un courtier.
Vérifiez le TAEG (taux annuel effectif global) et pas seulement le taux nominal.
Anticipez le coût de l'assurance emprunteur : souvent négligé mais représentant une part significative du coût total du crédit.
En 2026, les taux immobiliers sont autour de 3,5 % sur 20 ans mais ils varient selon les profils et les établissements.
Étape 5 : Les vérifications juridiques du notaire
Pendant que l'acheteur finalise son financement, le notaire procède à un ensemble de vérifications juridiques indispensables pour sécuriser la transaction :
vérification du titre de propriété et de la chaîne de propriété du bien ;
consultation du service de publicité foncière pour s'assurer de l'absence d'hypothèques, de saisies ou de servitudes non déclarées ;
vérification de la situation urbanistique du bien, conformité des constructions, absence d'infractions au permis de construire, droit de préemption de la commune ;
en copropriété, vérification du règlement de copropriété, des procès-verbaux d'assemblée générale et de l'état des charges dues par le vendeur.
Rassembler les bons documents avant la signature protège contre les mauvaises surprises. Côté vendeur, l'acte de propriété original doit être fourni. En cas de bien acquis par héritage, la présence d'un acte de notoriété ou d'une attestation de propriété immobilière est indispensable.
Étape 6 : La signature de l'acte authentique chez le notaire
C'est l'étape finale : celle qui transfère définitivement la propriété du vendeur à l'acheteur. La signature chez le notaire marque le transfert définitif de propriété. Le notaire procède à la lecture intégrale de l'acte, vérifie l'identité des parties et s'assure de leur consentement éclairé.
À cette occasion, l'acheteur verse le solde du prix déduction faite du dépôt de garantie déjà versé. Le vendeur remet les clés et le bien change officiellement de propriétaire.
Les frais d'acquisition, souvent appelés "frais de notaire"
Souvent appelés à tort "frais de notaire", les frais d'acquisition comprennent principalement les droits de mutation versés au Trésor public. Ils représentent en général environ 7 à 8 % du prix de vente pour l'acheteur. Ils comprennent :
les droits de mutation (taxes perçues par l'État et les collectivités) : environ 5,8 % ;
les émoluments du notaire : réglementés par décret, environ 1 à 1,5 % selon le prix du bien ;
les débours : frais avancés par le notaire pour les formalités administratives.
Quels sont les délais à prévoir de bout en bout ?
Le délai standard entre compromis et acte authentique est de 2 à 3 mois en France, parfois 4 mois. Ce temps sert à l'acheteur pour obtenir son prêt (45 à 60 jours), au notaire pour rassembler les pièces et aux deux parties pour finaliser les formalités.
En cumulant toutes les étapes (recherche, offre, compromis, financement, acte authentique) comptez en moyenne 4 à 6 mois entre le début de votre recherche et la remise des clés.
Les erreurs les plus fréquentes à éviter
Plusieurs erreurs reviennent fréquemment dans les transactions immobilières : ne pas vérifier la situation hypothécaire du bien avant la signature, ne pas lire attentivement les diagnostics, sous-estimer les frais d'acquisition, négliger les procès-verbaux d'assemblée générale en copropriété, ou encore ne pas faire relire le compromis par un avocat avant signature.
Un avocat en droit immobilier peut intervenir dès la phase de compromis pour vérifier la conformité du contrat, déceler les clauses défavorables et protéger vos intérêts avant même que les problèmes n'apparaissent.
Un litige est né lors de votre achat immobilier à Toulouse ou ailleurs en France ?
Vice caché découvert après la signature, erreur de métrage, servitude non déclarée, refus d'annulation du compromis : chaque étape d'un achat immobilier peut donner lieu à un litige. Le Cabinet Morer, avocat en droit immobilier à Toulouse, analyse votre situation et défend vos intérêts devant les juridictions civiles.
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